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Yoan
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[Info Zoonaute] REQUINS : 2013, l'année de la prise de conscience

le Jeu 16 Jan 2014, 16:16
Par Robert Calcagno, Directeur général de l'Institut océanographique, Fondation Albert Ier, Prince de Monaco

N'ayons pas peur de le dire : 2013 aura été une bonne année pour les requins. Alors que leurs populations ont été plus que décimées ces dernières décennies, victimes et symptômes des travers d'une pêche déraisonnée, l'année écoulée a permis des avancées significatives vers une meilleure compréhension et protection. Retour sur ces succès qui font espérer un ralentissement du massacre, mais aussi sur ces difficultés qui nous font dire que le chemin est encore long.


© Musée Océanographique de Monaco

La pratique du « finning » interdite par l'UE
Au royaume de la surpêche généralisée et des comportements irresponsables, 2013 a sonné comme un coup de semonce. Le ton fut donné rapidement avec la mise en œuvre au mois de juin de l'interdiction complète et tant attendue du finning par l'Union Européenne.

Désormais, pour respecter la loi, les ailerons doivent être débarqués en même temps que la carcasse. Une mesure synonyme de transparence qui facilite le contrôle des espèces pêchées, des quantités, ainsi que le suivi scientifique des pêcheries.
Se ralliant au mouvement, l'Inde a décidé fin août de mettre à son tour un terme à cette pratique barbare qu'une sombre optimisation économique ne pouvait justifier. D'autres pays suivront peut-être.

Les requins mieux protégés par la CITES
Autre avancée significative, l'inscription de cinq nouvelles espèces de requins à l'Annexe II de la Convention sur le Commerce International des Espèces en Danger (CITES) en mars dernier. Sans interdire la pêche, l'Annexe II met en place un suivi et une régulation du commerce international des espèces menacées par la surexploitation, contribuant ainsi à lutter contre le trafic illégal et à mieux apprécier l'impact de la pêche sur la pérennité des espèces.

Victimes de la mondialisation et des prises accessoires, le requin taupe commun, le requin océanique et les trois espèces de requin-marteau concernées par cette mesure sont soumis à une très forte pression de pêche, même s'ils semblent moins emblématiques que le grand requin blanc, le requin-baleine ou le requin-pèlerin déjà protégés.

La soupe d'ailerons bannie des banquets officiels chinois
Si la demande reste forte, les mesures portant sur la gestion des pêches ne pourront à elles seules sauver les requins. Heureusement, 2013 semble avoir marqué également une inflexion sur la consommation. Stimulé par l'engagement de quelques ONG et de stars emblématiques, telles que le basketteur Yao Ming, le gouvernement chinois a envoyé des signaux forts, qualifiant notamment la soupe d'ailerons de symbole de la gabegie et l'excluant de tout repas officiel.

À moins d'un regain d'intérêt dans la sphère privée, il n'est pas impossible que cette « prohibition publique » signe la fin de ce mets qui aura tristement marqué l'accession d'une vaste classe moyenne à la prospérité, mais aussi à ses extravagances et à ses excès. Un virage qui s'inscrit parfaitement dans le concept de « société harmonieuse » (hexie shihui) prôné depuis 2002 par l'ancien Président Hu Jintao et qui réaffirme l'objectif confucéen d'une coexistence harmonieuse entre l'homme et la nature.
Prudence toutefois, si la Chine fait preuve de volontarisme, elle n'en reste pas moins hostile aux contraintes extérieures. En 2013, elle s'est ainsi illustrée par son opposition à l'inscription de nouvelles espèces de requins à l'annexe II de la CITES et aux propositions d'aires marines protégées dans l'océan Austral. Principal centre de consommation d'ailerons et carrefour commercial, la Chine a le pouvoir de faire bouger les lignes. Reste à savoir si son rêve d'harmonie, désormais porté par son nouveau Président Xi Jinping, conservera cette ouverture nouvelle aux questions environnementales.

Une cohabitation encore difficile
Ces victoires, si réjouissantes soient-elles, n'apaisent pas la vive émotion ressentie à l'occasion des attaques mortelles survenues -parfois très près du rivage- à l'Île de la Réunion, au Brésil ou encore en Australie. Hélas, une fois encore, cette année aura été celle de la confrontation entre les requins et l'homo aquaticus, terrien désireux de s'autoproclamer maître des littoraux pour ses besoins et ses loisirs.

Si 2013 n'a statistiquement rien d'exceptionnel (55 attaques recensées contre 80 en moyenne les années précédentes), il est vrai que certaines régions ont connu plusieurs drames, déclenchant de façon très compréhensible polémiques locales et déferlement médiatique.

L'Île de la Réunion a ainsi alterné l'an dernier entre chasse aux requins et interdiction des activités nautiques, tandis que l'Australie Occidentale, Etat qui se distinguait jusqu'alors par son engagement fort pour une cohabitation, a récemment lancé un plan de « réponse rapide » aux attaques  et une éradication de tous les grands requins, y compris des espèces protégées comme les grands requins blancs. Un revirement surprenant qui a depuis déclenché une vague de protestation publique.
La disparation des requins n'étant pas à souhaiter pour l'Humanité et l'homo touristicus n'étant pas disposé à céder sur l'usage des côtes - secteur géographique et économique parmi les plus dynamiques - 2014 devra être l'année de la cohabitation !

Une mobilisation à poursuivre en 2014
Grâce à la mobilisation de nombreux acteurs (scientifiques, cinéastes, athlètes), le regard porté sur les requins évolue. Nous sommes toutefois loin d'une relation apaisée, où l'Homme verrait dans cet animal autre chose qu'un rival ou une proie. Alors en ce début d'année, prenons la résolution de poursuivre nos efforts et même de les intensifier. De l'écotourisme aux aires marines protégées, les pistes de réflexion et les marges de progression sont nombreuses.

Ne nous érigeons pas en maître des océans, ayant un pouvoir de vie ou de mort sur une espèce, sous prétexte que celle-ci nous causerait quelques tracas. Gardons-nous de trier les requins en deux catégories, d'un côté les « attractions » potentielles pour plongeurs et apnéistes et de l'autre les « monstres » à exterminer.

Ensemble, adaptons nos pratiques et sachons nous remettre en cause pour trouver des solutions, sans prétendre dominer ou policer une quelconque espèce. Accepter les requins, tous les requins, c'est accepter de partager les océans, de nous intégrer aux écosystèmes marins avec humilité et raison.

_________________
"Si les abeilles disparaissaient, l'homme n'aurait plus que quatre années à vivre"; Albert Einstein

« Le but d'un zoo est de ne pas tenir des animaux, mais d'assurer le futur des espèces »
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Marie'
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Re: [Info Zoonaute] REQUINS : 2013, l'année de la prise de conscience

le Ven 17 Jan 2014, 19:47
Homo touristicus... Laughing   je le qualifierais même de debilitus. (Dans certains contexte bien entendu).


C'est donc un bon bilan 2013 pour les requins et j'espère qu'il y aura la même dynamique pour cette année.
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