Qui est en ligne ?
Il y a en tout 1 utilisateur en ligne :: 0 Enregistré, 0 Invisible et 1 Invité

Aucun

Octobre 2017
LunMarMerJeuVenSamDim
      1
2345678
9101112131415
16171819202122
23242526272829
3031     

Calendrier

Statistiques
Nous avons 627 membres enregistrésL'utilisateur enregistré le plus récent est malicia75Nos membres ont posté un total de 10727 messagesdans 6359 sujets

Partagez
Voir le sujet précédentAller en basVoir le sujet suivant
avatar
Yoan
Admin
Admin
Messages : 9351

Je défends les zoos, voilà pourquoi !

le Dim 14 Sep 2014, 09:25
Publié par Jean-Marc Pichon sur le Plus du Nouvel Observateur

Jean-Marc Pichon a écrit:L'été a vu apparaître des témoignages anti-zoo qui m'ont encouragée à m'exprimer sur le sujet.
Être contre la captivité est-il une mode ? Il est facile à comprendre qu'on puisse se dire CONTRE, et plus difficile de s'exprimer POUR. D’ailleurs, pouvons-nous être POUR la captivité des animaux ?
Je ne pense pas. Du moins au sens strict d'un POUR au détriment des animaux. Car ce sont d'eux que l'on parle finalement, mais pas seulement. Ce sont d'eux et nous, eux avec nous, nous dans eux.
Pour comprendre la complexité des relations qui nous lient avec les autres animaux, il suffit d'observer des propriétaires de chiens avec leur compagnon. Cette diversité de relation va de la violence à une relation émotionnellement conflictuelle en passant par des relations hiérarchiques et des relations complémentaires. Cette diversité montre aussi la diversité des regards que nous portons sur l'animal et pose la complexité de l'éthique animale.

En me promenant dans les campagnes françaises, j'ai pu rencontrer des animaux sauvages tels que des biches ou des sangliers. Rien ne remplacera ou ne pourra remplacer ces rencontres. En captivité, l'animal est attendu. Dans la nature, il nous surprend.
Aucun animal est adapté à la captivité, ils sont adaptés à leur environnement. Mais du coup, il est difficile de comprendre qu'on puisse considérer que les zoos ont un rôle important à jouer aujourd’hui. Et pourtant…

« Zoo = prison »

Slogan facile à exprimer, retenir, comprendre et difficile à démentir. Pourtant si les prisons étaient soumises à la législation des parcs zoologiques, beaucoup d'entre elles fermeraient. Les structures d’accueil seraient saturées d'Homo sapiens à reloger.
Pour reprendre l'idée de Gerald DURELL, la question à se poser est : nous voyons des barrières, mais que voit l'animal ? Comment l'animal perçoit son espace ?
Vous trouverez facilement des exemples d'enclos trop petit limitant l'animal dans un espace restreint. C'est le genre d'enclos qui mérite d'être retravaillé. Mais sinon, ces barrières sont-elles perçues comme limitantes pour l'animal ou les protégeant ?
Une partie des gardes corps, filets, clôtures sont destinés aux visiteurs et publique pour protéger les espaces des animaux. Il est courant de trouver des animaux, notamment dans les espaces communs avec les visiteurs, qui se limitent à des espaces inaccessibles par le public par une simple cordelette. Bien entendu, pour les carnivores, il est plus délicat de tenter l'expérience et à ce titre demande des installations sécurisées plus impressionnantes. Pour garantir la sécurité de tous, le grillage se doit d'être visible pour évaluer régulièrement l'état des installations. Le ressenti d'enclos s'en trouve augmenté.
Pour terminer sur ce point rappelons une chose importante : il n’existe pas d'animaux mieux ou moins bien adaptés à la captivité, il n'existe que des enclos mieux ou moins bien adaptés aux animaux.

« J'ai payé donc je peux! »

C'est en lisant les commentaires négatifs des parcs sur TripAdvisor qu'on se rend compte de l'importance des zoos dans l'éducation des visiteurs. Pour faire quitter le statut d'objet de consommation des animaux pour les faire passer à objet de droit, les parcs sont des lieux intéressant. En effet, le visiteur paye une entrée et par ce geste, consomme quelque chose. Mais que paye ce visiteur ?
Le droit de voir les animaux ? Le droit de faire de belles photos ? Le droit de s'amuser ? Le droit de consommer de l'animal ?
Ou par cet acte, participe-t-il à aux frais d'entretien des animaux ? Participe-t-il à la conservation ?Participe-t-il au bien-être animal ?

Il n'appartient pas exclusivement au visiteur de répondre à cette question et c'est la philosophie des responsables qui donne des choix. Mais souvent le visiteur exprime le droit de consommer de l'animal, de le voir, de le prendre en photo. Ce lieu de consommation est de plus en plus souvent devenu un lieu d'éducation du consommateur comme quoi l'animal peut, et à le droit, ne pas s'exposer au bon vouloir des visiteurs. Cette notion de droit devient important pour un changement de regard sur l'animal. Les critiques sont nombreuses à partir du moment où le visiteur ne voit pas l'animal. Mais faut-il lui faciliter cette demande ? Ou lui apprendre à patienter, observer et respecter l'animal ?
Quel autre lieu attire le public et permet cet apprentissage dont la société semble aujourd'hui avoir besoin ?


Les voyages sont faciles aujourd’hui ?

La critique qui émerge de plus en plus est qu'aujourd'hui les voyages et la télévision permettent une sensibilisation et une éducation suffisante pour ne plus avoir besoin des zoos qui montrent une nature dénaturée.
La défense des animaux est-elle l’apanage des revenues élevés ? Une mode mondaine ? Un loisir de nanti ? Il est bon de rappeler que le tarif d'un voyage en Asie, Afrique et Amérique est trop élevé pour emmener une classe entière à la découverte de la diversité animale.
Comme je l'ai dit plus haut, rien ne remplace une rencontre sauvage avec l'animal, mais sans les zoos, je n'aurais jamais pu apprécier de l'imposante posture des éléphants, de la grâce des girafes, et de l'humanité des orangs-outans.

Quant à la télévision, même la haute définition et des images prises avec des drones au plus près de l'action ne donne pas la même émotion qu'une rencontre attendue dans les allées d'un zoo. Surtout quand cette émission a des difficultés à trouver sa place dans un paysage audiovisuel peu enclin à l'émerveillement autour de la diversité animale.

Les médias propagent plus facilement des images chocs, de chaton torturé, de chevaux sans soin, d’orang-outang piégés dans des fils de fer, d'oiseau mort suite à des conditions de transports... Ces images tendent à faire réagir, mais donnent surtout une image bien triste des animaux. N'est-il pas temps de rappeler que le monde possède aussi des merveilles ? Qu'un chat reste un compagnon, un orang-outang un homme des bois ?

Burn out écologique

Moraliser ou imposer des changements de comportement ont rarement donné de bons résultats. L'éducation à environnement donne des pistes sur les pédagogies à suivre. Les changements d'approche des animaux ne se feront pas par la force, même si des changements ponctuels peuvent donner l'illusion. Il faut rendre leur place aux animaux. Leur identité d'individus au même titre que l'homme.
La banalisation des images chocs, la moralisation animaliste et la multiplication de pétition engendre une réaction de rejet des idées de progrès sur les rapports aux animaux. La bataille d'idée et des chiffres fait oublier l'essentiel : nous dans un monde d'animaux.

Des ambassadeurs du monde animal

La biologie de la conservation est une science récente. Les travaux sur le bien-être animal sont à leur prémisse dans l'histoire de l'humanité. Les grands progrès des dernières années dans le domaine de la psychologie animale ne doivent pas nous faire oublier qu'il reste encore beaucoup de chose à découvrir.
Comme toutes sciences débutantes, des erreurs et des découvertes majeures s'enchaînent. Depuis le changement d'orientation des parcs zoologiques français, initié il y a seulement vingt ou trente ans, les animaux ont vu leur statut progresser. Cette progression tend à donner raison aux anti-zoos, mais pourtant, la relation entre notre société et l'animal bénéficie à tous dans le sens ou de nombreuses observations ne peuvent se faire dans la nature. L’animal captif n'est pas l'animal sauvage, mais c'est par la différence et la comparaison que les modèles en cognition animal se sont construits et permettent un changement du statut de l'animal.
La médecine vétérinaire et les technologies médicales associées se sont développé dans le contexte de la captivité. Ce savoir alimente les centres de soin et de sauvegarde des espèces dans les différents pays où ils sont des plus utiles. La captivité n'est pas une finalité, mais oblige l'homme par un devoir d'apprentissage. Aujourd'hui, nous sommes face à notre ignorance sur le monde animal. Cette ignorance forme une barrière entre l'homme et les autres animaux. Pour franchir cette barrière, nous devons nous rapprocher de l'animal pour le comprendre et le respecter en pleine connaissance de sa nature.

Une fenêtre sur une nature lointaine.

Les zoos ne sont pas parfaits, loin de là. Cela oblige les responsables à faire des efforts. Mais pour constater ces efforts, ils vous suffit d'observer les enclos construit à la fin du XXème siècle et les espaces qui apparaissent depuis quelques années. Ces espaces ne sont que des domaines transitoires vers les prochains univers des animaux nous permettant de prendre conscience de leur être et rôle sur la planète. Fermer les zoos c'est fermer autant de fenêtre qui aboutiront à isoler notre société des problèmes écologiques de la planète. Cela reviendrait à fermer la frontière entre l'homme et la nature. Là où en France la chasse au loup devient légale et où nous croyons pouvoir déplacer des espèces selon notre bon vouloir et ainsi permettre la construction de grands projets économiques, fermer les zoos s'est fermer les yeux sur ces réalités. De nombreuses actions de terrains au travers le monde existent grâce aux zoos. De nombreuses campagne de sensibilisation sont faites par l'intermédiaire des zoos. Il est facile de restreindre le débat aux progrès restant à faire, au détriment du chemin parcouru et des objectifs à atteindre.
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

_________________
"Si les abeilles disparaissaient, l'homme n'aurait plus que quatre années à vivre"; Albert Einstein

« Le but d'un zoo est de ne pas tenir des animaux, mais d'assurer le futur des espèces »
Voir le sujet précédentRevenir en hautVoir le sujet suivant
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum